Science en direct / Toute l'actualité / Bénin / IRD - Sites de représentation - Bénin http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/(view_mode)/rss fr} PIRATA / Radiale 10°W, arrivée sur la bouée PIRATA VALSE http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-radiale-10-w-arrivee-sur-la-bouee-pirata-valse Wed, 11 Apr 2012 00:00:00 +0200 Journal 12 : mercredi 11 avril 2012. Radiale 10°W, arrivée sur la bouée PIRATA VALSE: Depuis 2 jours le vent s’est levé. Ce matin nous avions 15 nds de vent au lever du jour mais il est rapidement passé à 20 nds.. © IRD / J. Grelet Observation du vent le 2 et le 9 avril Comme on peut l’observer sur les images fournies par Dominique Dagorne, à gauche le vent observé il y a 2 jours, le 9 avril et à droite le vent observé une semaine avant, le 2 avril. Nous sommes bien heureux d’être sur le Suroit car la maintenance du mouillage aurait été beaucoup plus périlleuse sur l’Antéa !!! © IRD / J. Grelet La maintenance du mouillage Nous venons tout juste de terminer la station à 5°30S et la prochaine opération sera le relevage de la bouée Valse par 6°S et 10°W © IRD / J. Grelet Fidèle prélève un échantillon d'eau de mer Pendant le quart, Fidèle prélève un échantillon d’eau de mer sur une bouteille de prélèvement pour l’analyse de l’oxygène dissous. © IRD / J. Grelet Une bouée La bouée a été préparée hier sur le pont. Nous avons en premier lieu monté le capteur de CO2 de la DT-INSU qui permettra d’acquérir des mesures de gaz carbonique dissous de surface, ces données étant transmises en temps réel par satellite ARGOS. Arrivée prévue sur la bouée Valse en début d’après midi © IRD / J. Grelet La carte des travaux réalisés La carte des travaux réalisés. PIRATA / Début des préparatifs pour le 2ème leg http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-debut-des-preparatifs-pour-le-2eme-leg Tue, 10 Apr 2012 00:00:00 +0200 Journal 11 : mardi 10 avril 2012 Route Abidjan - Radiale (1.30°N-10°W) Le départ du deuxième leg était prévu le 4 avril 2012 en fin de matinée après avoir fait le plein de carburant au petit quai SIAP. Mardi après midi, mauvaise nouvelle, l’agent nous annonce que les pompes de ce quai doivent être calibrées avant le « soutage » et que cela ne pourra pas être fait avant le 5. On nous annonce également que ce quai n’a pas été dragué depuis dix ans et que le Suroit risque de ne pas pouvoir y aller avec son tirant d’eau. Le grand quai SIAP n’est quand à lui pas disponible avant le vendredi 6 !!! Il est alors décidé de faire le plein du navire par camion ce qui pourra être réalisé que le jeudi 5 en fin d’après midi (17h). Cette solution avait pourtant été préconisée par l’agent et le commandant à Genavir avant l’escale, solution certes plus onéreuse mais plus sûre en termes de ponctualité de livraison, solution qui n’avait pas été retenue. On se demande ou sont les économies réalisées après 2 jours passés à quai !!! Le jeudi 5, les 2 camions citernes sont prêts. Le chargement est terminé à 20H. Nous quittons le quai à 21H, route vers la première station CTD à 1.30°N-10°W. Genavir nous accorde une rallonge de 24 heures sur le leg2, décalant l’escale suivante du 17 au soir au 19 dans la journée. Transit validé (XBT tous les 1 degrés de latitude et prélèvements de surface tous les 2 degrés de latitude) jusqu’à la station CTD. Nous avons le courant contraire pendant les premières 36 heures, nous ne dépassons pas 8 nœuds Radiale 10°W entre 1.30°N et 10°’S : Une station CTDO2/LADCP tous les ½ degrés, 2000m, avec prélèvements de surface pour CO2, O18, C13 tous les 2 degrés. Après la deuxième station et lors de la mise à jour du planning sous Excel, nous nous rendons compte qu’il ne sera pas possible de réaliser l’ensemble des travaux prévus. Entre les stations, nous avons le vent et la houle de face, la vitesse moyenne en transit entre 2 stations ne dépasse pas les 7 nœuds car il est réalisé sur 1 seul moteur. En effet, les stations ne peuvent être effectuées que sur un seul moteur avec un groupe électrogène en fonctionnement, le couplage des 2 moteurs avant et après la station nécessite des opérations supplémentaires en salle des machines, qui ne peuvent être réalisées que de jour, et avec le temps de montée en allure et en température progressif, le gain serait minime, voir inférieur en cas de problème. Un essai est tout de même réalisé. En effet, nous ne gagnons rien au final sur le temps de transit. Après diverses simulations avec la feuille Excel de gestion du planning, je décide alors de ne faire que des stations à 500m sur la radiale 10W. Relevage de JAVA (0-10°W): Arrivée sur zone à 14H00 le 08/04/2012. Coup de pêche, 3 tours de bouée, un « yellowfin » de quelques kilos… Nous n’insistons pas et procédons au relevage de la bouée. Le temps de relevage est de 7H15. Nous faisons route au sud ouest pour se placer au point de mouillage de la nouvelle bouée Java. La bouée est mise à l’eau à 21H20 et le lest largué à 0H50. Le temps de mouillage est de 3H30 heures. Fin de stabilisation de la bouée de surface. Sa position définitive est : 00°01.69 N et 009°53.80 W Station CTD puis nous continuons la radiale en alternant les profils XBT et CTD. L’arrivée sur le prochain point de mouillage à 6°S-10°W de la bouée Gavotte est prévue demain, le 11 avril en début d’après midi. La journée sera consacrée à préparer la bouée et y installer le capteur de CO2 de la DT-INSU qui est arrivée par avion à l’escale d’Abidjan. Un flotteur de surface sera également mis en route. Pour information, les trajectoires des 3 bouées déployées au premier leg, avec la salinité de surface pour la première figure, et la température pour la deuxième. © IRD / J. Grelet Les trajectoires des 3 bouées déployées au 1er leg © IRD / B. Bourles Plan de la position du navire PIRATA / Fin du 1er leg de la campagne PIRATA FR 22 http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-fin-du-1er-leg-de-la-campagne-pirata-fr-22 Mon, 02 Apr 2012 00:00:00 +0200 Journal 10 : lundi 2 avril 2012 (dernier journal du 1er leg). Pendant le transit d’hier entre la radiale 7°W et Abidjan, nous avons pu encore retrouver nos algues flottantes, dérivant vers l’ouest (entraînées par le Courant de Guinée) à la surface de la mer… C’est étonnant. Ce sont selon toute vraisemblance les mêmes que celle observées en début de campagne (voir journal du 24 mars). Un échantillon a été pris et sera envoyé aussi à Brest pour analyse. Nous avons aussi pu apercevoir ces derniers jours des globicéphales, des dauphins… et ce matin, au large d’Abidjan juste devant l’entrée du canal de Vridi qui mène au port, un groupe de marsouins qui visiblement pêchaient là et faisaient de temps à autre de jolis bonds hors de l’eau ! Espérons qu’ils laissent quelques sardines aux pêcheurs artisanaux qui sortent du canal vers la mer, profitant de la marée favorable… © IRD / B. Bourles L'entrée du canal de Vridi vue du SUROIT Nous sommes donc arrivés à quai à 9h00. Grosse chaleur, humidité et ciel menaçant. Cette escale rappelle des souvenirs à certains à bord… En effet, le navire ANTEA de l’IRD était basé ici pendant plusieurs années jusqu’en 2002 (avant son rapatriement en France suite à de gros problèmes techniques immobilisant le navire depuis 2000…) ! L’actuel commandant du SUROIT faisait partie de son équipage et Jacques Grelet a contribué à toutes les cinq premières campagnes PIRATA faites avec l’ANTEA de 1997 à 1999 ! Tous les objectifs de cette première partie de la campagne ont été remplis. 1 bouée ATLAS remplacée, un mouillage courantométrique remplacé, 13 profils CTDO2/LADCP, 32 profils XBT, 14 échantillons de surface, mesures en continu du courant à partir de l’ADCP du navire… dont on peut voir déjà les résultats ci-dessous ! La figure montre les courants de surface mesurés tout au long de la route du navire entre Dakar et Abidjan (traités en quasi temps réel par Rémy). Les flèches représentent la direction du courant et leur taille l’intensité du courant. On peut notamment y voir que le courant nous a bien aidés hier sur la route d’Abidjan ; le navire a pu dépasser les 11nds ! © IRD / B. Bourles Les courants de surface mesurés entre Dakar et Abidjan Voilà… maintenant ce sont les sauvegardes des données etc. et les formalités administratives d’escale. Le tripode en aluminium de la bouée PIRATA qui a été cassé par des pêcheurs a déjà été emporté pour réparation. Nous devons attendre les « pass » pour pouvoir sortir du navire. Ces « pass » serviront de visa provisoire pour ceux qui débarquent, dont l’auteur de ces petits journaux depuis Dakar… Pendant les 2 legs suivants, d’autres prendront la plume de temps en temps (si ils ont le temps, car le 2nd leg sera bien chargé) pour continuer ce journal, et la mission sera dirigée par Jacques Grelet. 11 personnes vont participer au 2nd leg, et 8 au 3ème . A bientôt donc. PIRATA / Série d'analyse des prélèvements http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-serie-d-analyse-des-prelevements Sun, 01 Apr 2012 00:00:00 +0200 Journal 9 : dimanche 1er avril 2012. Suite de la veille : Donc une fois les bouteilles fermées lors de la remontée de la bathysonde (fermées à 2000m, 1000m, 500m, 100m, 80m, 60m, 40m, 20m, 10m et en surface) nous stoppons l’acquisition de la sonde et remontons la bathysonde à bord. L’ensemble descente-remontée dure environ 1h20. Puis, il faut d’abord connecter les LADCP au PC pour récupérer les mesures de courant enregistrées pendant le profil. Ensuite, la séance de prélèvements d’eau de mer peut commencer. Il faut prélever dans l’ordre de profondeur (de la bouteille la plus profonde à celle fermée en surface) et de paramètres. En effet, si l’on mesure des paramètres dont la concentration peut être modifiée par tout contact avec l’air (le carbone, l’oxygène dissous…) il faut commencer impérativement par ceux-ci. De fait, l’ordre des prélèvements est : paramètres du CO2, oxygène dissous, carbone 13 et oxygène 18, sels nutritifs, salinité puis pigments. Mais les paramètres du CO2, C13, O18 ne sont analysés qu’en surface, donc à partir d’une seule bouteille. Chaque échantillon se fait dans un flacon qui diffère d’un paramètre à l’autre. Certains paramètres nécessitent une manipulation pour « fixer » la concentration du © IRD / B. Bourles Le processus d'analyse de l'eau de mer paramètre, afin qu’il ne varie plus dans le temps (les processus biologiques peuvent continuer, même dans un flacon…). Donc il faut injecter dans les flacons des produits chimiques pour l’oxygène (voir les deux flacons sur la photo à gauche) et les paramètres du carbone. De même, les flacons de sels nutritifs sont mis à l’étuve (80°C) pendant 2h30 (on aperçoit l’étuve sur la photo, à droite). Ils pourront ainsi être transportés à Brest ou à Paris pour être analysés… A bord, nous n’analysons que l’oxygène dissous et la salinité. Pour les pigments, on doit filtrer les échantillons, pris entre 100m de profondeur et la surface. Pour cela, nous disposons d’un banc de filtration (voir au centre de la photo), sur lequel les 6 flacons sont posés à l’envers et l’eau est filtrée. Ainsi, toutes les particules en suspension sont fixées sur le filtre qui sera mis ensuite au congélateur (visible par terre sous le banc sur la photo). Tous les filtres seront transportés à Brest avec précaution dans un récipient contenant de l’azote pour les maintenir à très basse température. © IRD / B. Bourles Les flocons CO2 (en haut) et l'oxygène dissout (en bas) Sur la photo de droite, on voit les flacons pour le CO2 (en haut) et l’oxygène dissous (en bas). Ces derniers seront aussitôt apportés au laboratoire d’analyse, maintenu à une température constante pour pouvoir effectuer les analyses avec le plus de précision possible (la température joue sur le volume !). Voilà voilà… Ce matin, nous terminons les derniers profils au nord de la radiale 7°W avant de mettre le cap sur Abidjan ! A demain. © IRD / B. Bourles Itinéraire du 1er avril 2012 PIRATA / Les appareils de mesures http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-les-appareils-de-mesures Sat, 31 Mar 2012 00:00:00 +0200 Journal 8 : samedi 31 mars 2012 Depuis hier nous remontons droit vers le Nord, le long de la longitude 7°W, et effectuons des profils CTDO2/LADCP tous les ½ degré (soit environ tous les 55km, © IRD / B. Bourles Une bathysonde CTDO2 donc toutes les 3h30). Pour effectuer ces profils, le navire doit bien entendu être arrêté, et se maintenir en position pendant la durée du profil. Comme nous descendons la sonde jusqu’à 2000m de profondeur, cela prend à peu près 1h30. Les appareils de mesure sont assujettis à une structure en aluminium (voir photo). Nous y avons : - une bathysonde CTDO2, qui mesure 24 fois par seconde la conductivité (mesure électrique permettant d’en déduire la salinité), la température (T), la pression (qui permet d’avoir la profondeur D), et l’oxygène dissous (O2) ; - 2 LADCP (L pour Lowered, car il peut descendre à de grandes profondeurs) ; - Un corps de batteries pour alimenter les 2 LADCP ; - Un fluorimètre (qui permet d’en déduire la quantité de zooplancton, soit la production primaire) ; - 11 bouteilles hydrologiques (pour prélever de l’eau de mer à différentes profondeurs). Sur la photo, on peut voir le châssis de bathysonde juste avant sa mise à l’eau en début de profil. Les bouteilles (que l’on descend ouvertes !... et il faut y veiller sinon elles explosent avec la pression), les 2 LADCP (en jaune ; on voit aussi les « oreilles » de celui situé en haut, qui regarde vers la surface). La sonde, le fluorimètre et le corps de batteries sont situés sous les bouteilles. Avant la mise à l’eau, il faut allumer les 2 LADCP et les mettre en acquisition. Puis on met l’ensemble dans l’eau. En surface on allume l’acquisition de la CTDO2. Les mesures sont transmises en temps réel à un PC d’acquisition par le câble électroporteur qui supporte l’ensemble et le relie au navire. Puis on descend jusqu’à 2000m… Pendant tout cela on peut suivre en temps réel l’acquisition des mesures sur un écran de PC (voir photo). Sur cet écran nous avons à droite les profils de température, salinité, oxygène dissous et fluor en fonction de la profondeur, qui se dessinent au fur et à mesure. Cela © IRD / B. Bourles Prise de mesure sur un écran PC permet de vérifier que tout fonctionne bien ! A gauche nous avons en haut les mesures acquises de ces paramètres et en bas les écarts entre les 2 capteurs de température, les 2 capteurs de conductivité et les 2 capteurs d’oxygène dissous. Cela permet aussi de voir si un capteur dysfonctionne et le fait d’avoir 2 capteurs de chaque d’assurer la mesure si un capteur nous lâche… Une fois la sonde à 2000m, nous remontons l’ensemble et fermons les bouteilles hydrologiques à des profondeurs fixées à l’avance (toujours les mêmes pour tous les profils). Bien entendu on note pendant tout cela sur une feuille d’acquisition CTD toutes les informations utiles (voir photo). Position, date et heure, valeurs fournies par les capteurs au fond et en surface, et notons tous les éventuels problèmes rencontrés… © IRD / B. Bourles Les feuilles d'acquisition de données CTD Demain on verra la suite, soit la séance des prélèvements de l’eau de mer piégée dans les bouteilles. A suivre… PIRATA / Profil CTDO2/LADCP http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-profil-ctdo2-ladcp Fri, 30 Mar 2012 00:00:00 +0200 Journal 7 : vendredi 30 mars 2012 (en soirée). Hier fut une journée bien remplie. Nous sommes d’abord arrivé vers 6h du matin près d’une bouée ATLAS (météo-océanique) du programme (PIRATA), et constaté que tout était OK sur la bouée (donc a priori pas d’actes de vandalisme…). Cette bouée sera remplacée dans une semaine. Par contre, nous avons installé depuis 2006 un mouillage courantométrique à proximité de cette bouée. Ce mouillage n’est pas visible en surface, car les appareils mesurent le courant à partir de 120m de profondeur, incrustés dans une bouée et une cage (voir dernier billet). Pour le retrouver, il faut interroger le « largueur », appareil acoustique qui est relié au lest au fond de l’océan. Si le largueur ne répond pas (on l’interroge à l’aide d’une dalle acoustique (voir photo) et avec des fréquences bien précises selon l’information à transmettre), cela devient délicat… © IRD / B. Bourles Une dalle acoustique Dalle acoustique (cylindre noir à droite) relié avec un câble à un appareil (à gauche) permettant d’émettre un signal à une fréquence choisie et reconnue par le largueur situé au fond de l’océan. En fonction de la fréquence utilisée, le largeur est programmé pour savoir si il doit i) se détacher du lest, ii) répondre seulement (afin de savoir où il se trouve) ou iii) se mettre « en veille » pendant quelques mois… Et de fait, nous avons passé 2h sans que le largueur ne réponde ! Grosse inquiétude. Nous avions bien la position estimée faite lors de sa mise à l’eau en octobre 2010, mais on peut aussi imaginer que des pêcheurs l’aient traîné avec leurs filets ou lignes (palangres) à quelque distance de là ! Nous décidons, faute de réponse, de larguer le mouillage (donc de « dire » au largueur d’ouvrir le crochet qui l’attache au lest, qui lui va rester au fond) pour le libérer du lest en espérant le voir arriver en surface. Le temps étant calme avec une très bonne visibilité, et comme il est tôt le matin, c’est « jouable »… Ouf ! Peu de temps après, un membre d’équipage voit des bouées sur la surface à quelques centaines de mètres du bateau. Sauvés ! Les opérations de relevage commencent vers 9h30 et s’achèvent, avec la récupération des courantomètres, à 14h (il faut noter que la profondeur de l’océan à cet endroit est de 5720 mètres, donc il faut remonter à bord près de 5700m de câble, entourés au fur et à mesure autour de tourets en bois etc. (voir photo). © IRD / B. Bourles Enroulement de cable par Jacques Servain Jacques Servain à l’œuvre… Enroulement du câble (il y en a 2 de ce type de 2000m chacun) au fur et à mesure de la récupération (ou du déploiement) du mouillage. Ce câble est de type « parafil », il y en a d’autres en acier. Nous répartissons les types de câble en fonction de la profondeur (en acier dans les 1000 premiers mètres de profondeurs au cas où le câble serait « mordu » par des carnassiers attirés par les mollusques qui peuvent s’y accrocher par exemple…). Ensuite, on a fait un profil CTDO2/LADCP (le temps de se replacer, cela a pris 2h). Puis nous avons remis un autre mouillage de courantométrie à l’eau, entre 16h40 et 22h20 ! La dernière heure a été dédiée au positionnement le plus exact possible du mouillage. Pour se faire, il faut procéder à ce qu’on appelle une « triangulation ». Connaissant l’endroit où nous avons mis à l’eau le lest et celui où nous avons commencé à déployer le mouillage, la position finale doit être en toute logique entre les deux, et plus près du lest qui, étant très lourd (1,2 tonne) plonge vite et entraîne vers lui le reste du mouillage. Alors nous mettons la dalle acoustique à l’eau en 3 points (d’où le terme « triangulation »…) et interrogeons le largueur qui, en renvoyant le signal acoustique émis par la dalle, nous informe sur la distance entre lui et le bateau. Avec 3 mesures de la distance, une à l’Ouest, une autre au Sud, et une dernière à l’Est (puisqu’on va ensuite continuer vers l’Est) nous obtenons un point, ou au pire une zone, où nous sommes sûr que le mouillage est positionné ! Une fois tout cela effectué, nous avons encore procédé au déploiement d’une bouée de surface SVPBS, puis d’un profileur ARGO, et à la réalisation d’un profil XBT… Tout cela s’est terminé vers 23H, avant la prochaine station à 3h du matin (pour ceux qui sont de quart !). Cet après-midi, nous sommes arrivés à la fin de notre section équatoriale à 7°W. Nous avons donc commencé une radiale à cette longitude, avec une station arrêtée tous les ½ degré (55kms environ) pour faire un profil CTDO2/LADCP jusqu’à 2000m. Après avoir fait cap vers l’Est pendant une semaine, nous faisons donc cap plein nord jusqu’au large des côtes de Côte d’Ivoire. A noter que pour travailler au large d’un pays, il faut d’abord en obtenir les autorisations… Dès qu’un instrument de mesure à mis à l’eau dans la zone (dite Zone Economique Exclusive, allant jusqu’à 350km de la côte) sous autorité d’un pays, il faut faire des dossiers de demande d’autorisation, décrire les travaux prévus etc… Et des fois cela met des mois avant d’avoir la réponse (quand réponse il y a, et pas toujours positive !). En ce qui nous concerne, nous avons obtenu les autorisations en début de semaine ; le contraire aurait été surprenant… Nous collaborons depuis de nombreuses années avec des scientifiques de Côte d’Ivoire en océanographie et sciences du climat (université, Centre de Recherche Océanologique d’Abidjan etc) et les mesures prises dans cette région pourront être aussi d’un grand intérêt pour les scientifiques ivoiriens, à qui nous remettrons toutes les données acquises ! A suivre… © IRD / B. Bourles Carte campagne PIRATA FR22 PIRATA / La bouée dérivante de surface est testée http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-la-bouee-derivante-de-surface-est-testee Thu, 29 Mar 2012 00:00:00 +0200 Journal 6 : mercredi 28 mars 2012 en soirée. Pour compléter mon billet de ce matin… Il faut préciser que les bouées dérivantes sont équipées de capteurs, et que ces capteurs ont besoin d’énergie pour fonctionner, utile aussi pour transmettre les informations par satellite (comme tout appareil déployé en mer qui mesure et transmet des informations). Donc avant le déploiement de ces engins, il faut vérifier qu’ils fonctionnent bien… Sur la photo ci-dessous, vous voyez la bouée dérivante de surface mise en test, la veille de son déploiement, dans une bassine remplie d’eau de mer afin de vérifier que les capteurs fonctionnent bien… © IRD / B. Bourles Vérification de capteurs Cet après-midi, petite conférence de votre serviteur à l’ensemble des personnes à bord portant sur le climat et le changement climatique. Ce sujet est important, et mérite le maximum d’informations et de discussions. C’est aussi notre rôle de scientifique de transmettre les informations à notre disposition et d’expliquer à public le plus large un sujet trop souvent galvaudé, mis de côté, voire mal présenté dans la plupart des médias… Demain, nous allons d’abord récupérer un mouillage équipé d’appareils mesurant le courant horizontal par effet Doppler, appelés courantomètres ADCP (Acoustic Doppler Current Profiler). Sur la photo, qui présente les appareils mis à l’eau il y a 2 ans, on voit une grosse boule rouge, dans laquelle est inséré un ADCP en son centre (on distingue son extrémité à gauche), et sur le côté d’une balise et d’un flash lumineux, qui permettront demain de le repérer quand il sera revenu en surface. Cet ADCP est orienté vers le haut et a été immergé vers 100m de profondeur, permettant des mesures jusqu’à la surface. Dans la cage située sous la bouée, il y a un autre courantomètre ADCP avec sa batterie ; ce courantomètre est orienté vers le bas et permet d’avoir des mesures de courant sur une plus grande profondeur. Ces appareils émettent un signal acoustique à une certaine fréquence. Les particules en suspension dans l’océan vont réfléchir un signal dont la fréquence dépend de leur vitesse… ce signal est également enregistré par l’appareil, et la différence de fréquences émises et reçues permettent d’en déduire la vitesse du déplacement horizontal des particules, donc du courant (on suppose que les toutes petites particules ne se déplacent qu’avec les courants et n’ont pas de vitesse propre). C’est magique et donne des résultats étonnants et très précis (la vitesse est estimée à 2cm/s près !). © IRD / B. Bourles Un courantomètre ADCP Demain, on déploiera un autre appareillage. A suivre… PIRATA / Une bouée dérivante est mise à l'eau http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-une-bouee-derivante-est-mise-a-l-eau Wed, 28 Mar 2012 00:00:00 +0200 Journal 5 : mercredi 28 mars 2012. Dimanche soir nous avons mis à l’eau une bouée dérivante de surface de type SVP-BS (voir journal du 12 mai 2011 de la campagne de l’an dernier, PIRATA FR 21, accessible sur la page : http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/campagne-pirata-fr-21) Pour résumer, cet appareil dérive en surface au gré des courants et transmets par satellite (ARGOS) des mesures de température et salinité de la mer, ainsi que la pression atmosphérique. Connaissant leur position, on peut aussi en déduire les courants de surface. Celle de dimanche était en plus équipée d’un petit appareil original mis au point par des collègues du LOCEAN (à Paris). Ce prototype (petit cercle orange sur la photo qui montre Jacques en train de préparer la bouée avant sa mise à l’eau) permet de mesurer la salinité très près de la surface afin d’obtenir une mesure la plus proche possible de ce qui est « vu » et mesuré par les satellites. En effet, la salinité est un paramètre fondamental en océanographie, notamment dans les régions tropicales où la présence de fortes pluies et des grands fleuves (apport d’eau douce) influence fortement les échanges entre l’océan et l’atmosphère et la température. De plus, ce prototype est muni d’un capteur « intelligent » qui permet de mesurer la vitesse verticale du déplacement de la surface, permettant d’en déduire l’amplitude et la fréquence de la houle… Aux dernières nouvelles, qui datent d’hier et transmises par nos collègues de Paris, cela fonctionne parfaitement ! © IRD / B. Bourles Jacques en train de préparer la bouée dérivante avant sa mise à l’eau Sinon, depuis lundi matin, nous effectuons des profils XBT tous les degrés de longitude et prélèvements de surface tous les 2 degrés. Fabrice et Jacques ont nettoyé démonté la bouée récupérée dimanche, préparent activement le mouillage courantométrique qui sera déployé demain, Rémy a effectué les premières analyses des échantillons d’eau de mer (salinité, oxygène) et les traitements des mesures de courant (par l’appareil du navire). La mer est relativement calme, il fait chaud et humide, et nous avançons bien (10 nds)… Nous sommes actuellement à 13°W sur l’équateur, en route vers 10°W, où nous serons demain matin à l’aube. Nous vérifierons d’abord à vue la bouée ATLAS située à 10°W et qui ne sera remplacée que lors du 2nd leg (en raison d’un changement d’un appareil qui se fera avec l’assistance d’un ingénieur des USA qui embarquera à Abidjan) avant d’aller remplacer un mouillage de mesures du courant situé un peu plus à l’Est (à 9°51’W). A suivre… © IRD / B. Bourles Itinéraire journal 5 PIRATA / Remplacement d’une bouée météo-océanique http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-remplacement-d-une-bouee-meteo-oceanique Mon, 26 Mar 2012 00:00:00 +0200 Journal 4 : lundi 26 mars 2012. Hier dimanche, ce fut une longue journée… remplacement d’une bouée météo-océanique, profil CTD, prélèvements, déploiement d’une bouée dérivante de surface, déploiement d’un profileur ! 13h de travail « non stop ». Nous sommes arrivés près de la bouée à remplacer vers 10h du matin, et pu constater qu’elle avait été « visitée » par des pêcheurs indélicats ! Tous les capteurs météorologiques ont été volés ou cassés, la structure en aluminium qui supporte ces capteurs cassée et un cordage était attaché à la bouée ce qui indique d’un navire s’est accroché à la bouée pour y pêcher tranquillement… Bref ; revisitez, ou allez découvrir, le site de la campagne EGEE 3 de 2006 pour y trouver une rubrique sur le sujet, ainsi qu’une description exhaustive de tous les instruments de mesure utilisés lors d’une campagne telle que celle-ci ( http://www.brest.ird.fr/actualites/EGEE-3.htm). Vous pouvez voir et comparer sur les photos ci-dessous, à gauche la bouée telle que nous l’avons récupérée et à droite telle qu’elle aurait dû être, qui est celle que nous avons remise quelques heures plus tard en fin d’après-midi. La flèche montre l’endroit d’une des cassures de la structure en aluminium… Comme nous avons encore 4 bouées à remplacer, dont 3 lors de la prochaine partie de la campagne, et que nous remettons en état les bouées au fur et à mesure sur le navire pour les remettre à l’eau ensuite, il va falloir trouver un spécialiste des soudures en alu lors de notre prochaine escale à Abidjan (Côte d’Ivoire) et qui puisse le faire en 24h ! Pendant toutes ces opérations, nous avons pu constater la présence d’un gros navire de pêche industrielle qui rôdait dans les parages… on croise les doigts pour que celle-ci ne subisse pas le même sort. Sinon, malgré la chaleur et la forte humidité, les conditions de travail étaient idéale : vent faible et très peu de houle et tout s’est parfaitement déroulé. Entre la récupération et le déploiement, nous avons fait un profil CTD jusqu’à 2000m et prélevé de l’eau de mer en 10 profondeurs différentes. Si le profil dure à peu près 1h30, il faut ensuite plus d’une heure pour faire tous les prélèvements, ce qui sera décrit dans un prochain billet. A l’équateur, il y a un courant très spécifique sous la surface, entre 40m et 150m de profondeur environ, qui s’appelle le Sous Courant Equatorial. Alors qu’en surface le courant porte vers l’Ouest, celui-ci porte vers l’Est et peut être très intense (50-80 cm/s). Cela rend le déploiement du mouillage de la bouée parfois assez délicat ; comme il faut dérouler près de 4km de câble (profondeur à cet endroit), la bouée est entraînée vers l’Ouest en surface et le câble vers l’Est sous la surface. La procédure mise en œuvre hier fut parfaite, et la bouée s’est retrouvée (à 150m près) exactement au point théorique qui est 23°W-0°N. Le commandant et l’équipage sont parfaitement aguerris à ce genre de mission… © IRD / B. Bourles Remplacement de bouée océanique Nous sommes actuellement à 19°W sur l’équateur, en route vers 10°W, et serons jeudi matin au lieu du remplacement d’un mouillage de mesures du courant. A suivre… © IRD / B. Bourles Itinéraire Journal 4 PIRATA / Vérification des capteurs météorologiques http://www.benin.ird.fr/toute-l-actualite/science-en-direct/campagne-pirata-2012/pirata-verification-des-capteurs-meteorologiques Sat, 24 Mar 2012 00:00:00 +0100 Journal 3 : samedi 24 mars 2012. Ce jour est marqué par l’observation, depuis ce matin, de très grandes quantités d’algues dérivant en surface (voir photo, certes pas très explicite !), ce qui semble ne pas être courant dans cette zone. Ce qui est frappant est que l’an dernier, lors de la précédente campagne PIRATA FR21 en mai 2011 au large du Bénin, nous avions observé également beaucoup d’algues qui y ressemblent beaucoup. Ces algues envahissaient d’ailleurs les plages ce qui avait beaucoup inquiété les autorités régionales. De fait, un échantillon a été envoyé et est en cours d’analyse à l’IFREMER de Brest, et nous ferons sans doute de même cette fois-ci (un échantillon a pu être prélevé, accroché à une ligne de pêche laissée à la traîne…) ! Selon certains collègues spécialistes, il pourrait s’agir de Sargassaceae (comme son nom l’indique, courante en mer des Sargasses, qui est située au Nord-Ouest de l’Atlantique tropical), espèce qui prolifère également ces dernières années aux Antilles. La question est de savoir, outre la détermination exacte de l’espèce, si elles prolifèrent localement ou si elles sont entraînées sur des grandes distances par les courants marins vers les côtes d’Afrique… © IRD / B. Bourles Algues dérivant à la surface de l'océan Nous sommes actuellement vers 3°N-21°W, et serons demain matin sur la bouée. Fabrice et Jacques s’activent à vérifier l’ensemble des capteurs (ci-dessous, Fabrice vérifiant les capteurs météorologiques qui vont être installés demain sur la bouée). © IRD / B. Bourles Fabrice vérifie les capteurs météorologiques + © IRD / B. Bourles Situation géographique de la campagne PIRATA FR22